Paroisse Notre Dame de Bonne Nouvelle Nancy
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Homélie Toussaint 2014

Aux dires de certains, la Toussaint serait comme une fête de rattrapage pour les saints
ordinaires. En effet, il y aurait d’une part ceux et celles qui ont l’honneur d’être inscrits au
calendrier liturgique de l’Eglise universelle, d’un pays ou d’un diocèse parce que leur sainteté
a été reconnue et déclarée publiquement au terme d’une procédure parfois très longue. A ce
titre, ils sont honorés à un jour particulier de l’année. Et d’autre part, il y aurait la foule des
anonymes dont la sainteté ne fut connue que de leur entourage… ou de Dieu seul. La fête de
la Toussaint serait leur fête.

A vrai dire, je ne pense pas qu’il y ait au ciel des saints de première catégorie et des
saints de seconde catégorie. La fête de la Toussaint rassemble dans une même exultation
joyeuse tous les saints : les célèbres et les inconnus, ceux des origines de l’Eglise et ceux
d’aujourd’hui, hommes et femmes de toutes races, langues et cultures, jeunes et adultes,
religieux et laïcs, célibataires et gens mariés, prêtres, diacres, évêques et papes, moines et
moniales ayant vécu la presque totalité de leur vie entre les murs d’une abbaye et aventuriers
de l’Evangile ayant sillonné le monde… Dire qu’il y a des degrés dans la sainteté, c’est
considérer la sainteté avec nos propres yeux qui mesurent toutes choses et non avec ceux de
Dieu dont l’amour est sans mesure. Au-delà de leurs différences sociologiques et culturelles,
tous les saints ont en commun la même nature humaine - la nôtre - avec ses capacités et ses
limites, avec ses grandeurs et ses petitesses. Ils avaient des défauts et des qualités, ils ont
connu des moments d’enthousiasme et des moments d’abattement, des élans de vie
évangélique et des périodes, parfois longues, de désert spirituel. Plus que d’autres, ils étaient
conscients d’être des pécheurs. Leurs écrits en témoignent souvent.

Et c’est probablement en cela que réside le secret de leur sainteté : leur conscience
d’être des pécheurs qui s’en remettent à la miséricorde de Dieu. Si la sainteté était pour eux
l’idéal de vie auquel Dieu les appelait, comme elle doit l’être pour chacun de nous, ils ont
compris, parfois à travers de grandes crises et dans les larmes, qu’ils ne deviendraient pas des
saints par la seule force de leurs poignets, que la sainteté ne pouvait pas être seulement ni
même d’abord au bout de leurs efforts, qu’elle n’était pas une affaire de performances
spirituelles ni même le fruit d’une accumulation d’exercices de piété, mais qu’elle était don
de Dieu, effet de sa grâce en eux, action de l’Esprit Saint dans leur vie. Dieu seul est saint,
Dieu seul est la source de toute sainteté comme nous le disons au début de la seconde prière
eucharistique. Et s’ils avaient tout de même un effort à faire, un seul effort qui soit
déterminant, c’était de renoncer à la toute-puissance humaine à laquelle ils avaient cru, de
s’abandonner à l’action de Dieu en eux et à sa miséricorde, de s’ouvrir à l’Esprit de sainteté
par lequel Dieu répand son amour dans nos cœurs et fait de nous des saints. Telle est la
conversion la plus importante que tous ont eu à faire et qui les a mis sur le chemin de la
sainteté véritable. C’est cette conversion-là, frères et sœurs, que nous avons-nous aussi à
faire.

Chers amis, notre tradition, toujours bien vivante, fait de la Toussaint une fête du
souvenir. Beaucoup de déplacements effectués à cette époque ont pour destination la ville ou
le village de nos origines familiales. Nous nous souvenons de ceux qui nous ont quittés, nous
allons peut-être nous recueillir sur leurs tombes, y déposer ou y faire déposer des fleurs. Tout
cela manifeste l’affection que nous leur portons et que la séparation de la mort ne peut nous
enlever. Mais pour nous, chrétiens, la Toussaint, associée à la commémoration des fidèles
défunts le 2 novembre, n’est pas que cela. Plus qu’un jour un peu triste du souvenir, la
Toussaint est une fête de l’avenir, une fête de l’espérance. Si nous faisons mémoire dans la
foi de tous ceux qui avant nous ont marché à la suite du Christ, c’est pour nous entendre dire
et redire chaque année que notre avenir à nous aussi, c’est le ciel, et que nous y allons et en
vivons déjà en menant notre vie selon l’esprit des Béatitudes. Oui, frères et soeurs, la fête de
la Toussaint ouvre une fenêtre sur le ciel qui est notre vocation, notre avenir. Mais qu’est-ce
que le ciel ? Oui, qu’est-ce que le ciel ? A cette question, un enfant fit un jour cette réponse :
« Plus tu aimes, plus tu comprends ».

 

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