Paroisse Notre Dame de Bonne Nouvelle Nancy
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Homélie - Toussaint 2015

La Bonne Nouvelle d’aujourd’hui, c’est que nous sommes tous appelés à devenir des saints. Tous sans exception. Peut-être qu’au fond de nous-mêmes, connaissant ce que nous sommes, connaissant notre péché, nous nous disons : « Ce n’est pas pour moi ». Et bien si, justement, aussi pécheur que tu sois ou que tu te considères, tu es appelé à devenir un saint.
D’ailleurs, à bien y regarder, le ciel n’est pas peuplé que de saints au sens où on utilise parfois cette expression, c’est-à-dire des hommes et des femmes ayant mené une vie parfaitement accordée à l’amour de Dieu. A une exception près : Marie, comblée de grâce, qui, dès sa venue au monde, fut préservée de tout péché par une grâce particulière de Dieu. Marie, l’Immaculée Conception.

Pour bien comprendre et bien vivre la fête de tous les Saints, il n’y a rien de mieux que de nous laisser instruire par les lectures qui viennent d’être proclamées.

D’abord l’Apocalypse de saint Jean. Apocalypse ! Ce mot nous fait penser davantage à de très mauvaises choses plutôt qu’à une bonne nouvelle. Or, l’Apocalypse de saint Jean est une bonne nouvelle. Ecrit à la fin du premier siècle alors que les chrétiens étaient en butte à des persécutions, ce livre annonçait que les forces du mal n’auraient pas le dernier mot. Il invitait les chrétiens à ne pas désespérer, à tenir bon dans la foi. Il révélait que les disciples du Christ, apparemment emportés à tout jamais par la persécution, étaient aujourd’hui des vivants parce que jusqu’au bout ils avaient été fidèles au Christ. « Une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, nous dit saint Jean, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues ». « Vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main », ils chantent le Seigneur et partagent sa joie.

Frères et sœurs, prions aujourd’hui pour tous les chrétiens persécutés à travers le monde : en Irak, en Syrie, au Nigéria, et dans bien d’autres pays… Ils sont nos frères et nos sœurs dans la foi. Certains sont restés dans leur pays parce qu’ils l’ont décidé ainsi ou parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement ; d’autres se sont enfuis pour préserver leur vie et celle de leur famille, pour pouvoir vivre en paix et professer leur foi en toute sécurité. Ceux-là arrivent chez nous. Sachons leur manifester que la fraternité qui doit marquer les relations entre disciples du Christ n’est pas un vain mot. Martyrs d’hier, martyrs d’aujourd’hui !

Après l’Apocalypse, nous avons entendu un passage de la première lettre de saint Jean. Il nous dit que notre vocation c’est d’être enfants de Dieu et que nous le sommes dès maintenant, même si cela n’apparaît pas encore clairement. C’est notre identité la plus profonde. Jésus a donné sa vie pour que cette identité devienne réalité, pour que son amour et sa joie habitent en nous. Et c’est cela qui fait et fera de nous des saints : l’amour du Seigneur en nous. Comme le chante saint Paul, « s’il me manque l’amour, je ne suis qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante ». Autrement dit, s’il me manque l’amour, je ne suis rien. La sainteté, c’est la plénitude de l’amour.

Et puis l’Evangile selon saint Matthieu, cet Evangile du bonheur proclamé à neuf reprises, mais qui va tellement à contre-courant des recettes distillées par notre société. Oui, « heureux les pauvres de cœur… » car le bonheur n’est pas dans l’accumulation des richesses et des biens. « Heureux ceux qui pleurent… » car le dernier mot n’est pas celui des larmes mais de la joie qui vient de Dieu. « Heureux les persécutés pour la justice… » car ceux qui luttent pour un monde respectueux de la dignité de chacun, ceux-là sont vraiment enfants de Dieu. « Heureux les cœurs purs… » car la vérité est le seul chemin qui libère et fait vivre. « Heureux les miséricordieux… » car ayant accueilli pour eux-mêmes le pardon de Dieu ils n’enferment pas les autres dans leur péché mais leur ouvre la possibilité d’un avenir meilleur.

S’il me fallait résumer le message des Béatitudes, j’oserais dire ceci : « Heureux ceux qui cherchent de tout leur cœur à aimer comme Dieu aime, ceux-là sont déjà dans le Royaume de son Fils ». Voilà le chemin de sainteté qui nous est proposé. Ne pensez pas que les saints aient suivi ce chemin sans faillir. Ils étaient faits du même bois que nous. Comme nous, ils ont manqué à l’amour de Dieu et du prochain. Plus que d’autres, ils en avaient conscience. Mais tel le publicain de l’Evangile, ils se sont ouverts à la miséricorde de Dieu. Voilà ce qui a fait d’eux des saints, voilà ce qui fera de nous des saints. Non pas à coup de performances spirituelles comme si la sainteté se gagnait à la force des poignets, mais en nous ouvrant à la miséricorde de Dieu, en laissant Dieu agir en nous, nous façonner, nous guérir.

Préparant cette homélie, je suis tombé sur cette petite histoire. Je ne sais si elle est vraie. Prenez-là comme une parabole sur la sainteté : « Un jour, une petite fille regardait des vitraux dans une église. On lui explique les personnages, la Vierge Marie, Saint Joseph, Sainte Thérèse et d’autres… Et comment la beauté des vitraux vient de ce qu’ils laissent passer la lumière extérieure. Quelques jours plus tard, cette petite fille est dans un groupe de catéchisme. On demande aux enfants s’ils savent ce qu’est un saint. Elle a aussitôt cette réponse merveilleuse : ‘C’est quelqu’un qui laisse passer la lumière ». C’est bien cela être saint : c’est laisser passer à travers nous la lumière et l’amour de Dieu.

Le pape François vient de proclamer la sainteté de Louis et de Zélie Martin, les parents de sainte Thérèse de Lisieux. Qu’ont-ils fait de tellement extraordinaire sinon que dans leur vie toute simple ils ont laissé passer la lumière ? Puisse-t-il en être ainsi pour chacun de nous.

 

 

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